
Le Niger célèbre l’édition 2026 de la Journée nationale de l’Arbre sous le thème : « La restauration des bases productives, pilier de la Refondation ». Le bois de cette année est prévu sur une étendue de 50 ha au niveau de la forêt classée de Kouroungousaou située à 30 km sur la route de Dakoro, dans la région de Maradi. Pour cette opération nationale de reboisement, le choix est porté sur le néré, un arbre forestier fruitier d’une importance socioéconomique et ethnobotanique, et menacé de disparition. Dans une intervention télévisée diffusée le 31 juillet 2026, le Ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le Colonel Abdoulaye Maizama, a annoncé que ce thème tire son origine dans l’axe 3 du Programme de la Refondation de la République (PRR) intitulé « Développement des bases de production pour la souveraineté économique ».
Selon le Ministre en charge de l’Environnement, les bases productives ont été trop longtemps fragilisées par la dégradation des sols, la coupe abusive du bois, l’avancée du désert et les variabilités climatiques, d’où la baisse des productions agro sylvo pastorales, les conflits agriculteurs-éleveurs et l’exode rural. La restauration des bases productives aura pour effets et/ou impacts, entre autres, l’amélioration de la production agro sylvo pastorale, l’amélioration de la sécurité alimentaire et de l’état nutritionnel des populations et de leur cheptel, la contribution à l’augmentation des revenus des communautés, l’augmentation significative de la contribution du secteur rural au PIB, ainsi que l’amélioration des services écosystémiques à travers l’amélioration de la diversité biologique.
Pour ce qui est du néré, le Colonel Abdoulaye Maizama a expliqué qu’il s’agit d’un arbre nourricier qui apporte de nombreux nutriments de très haute qualité, qui constitue pour les communautés une source très importante en termes d’alimentation et de nutrition de qualité.
« La farine de néré apporte la totalité des acides aminés essentiels à l’organisme, du fer (de l’ordre de 15,5 mg/100 g), mais aussi de la vitamine C pour limiter les risques de scorbut. Ses graines noires sont riches en lipides (29 %), en protéines (35 %), en glucides (16 %) et constituent une bonne source de graisse et de calcium pour les habitants des zones rurales. Ces graines sont bouillies, fermentées, et broyées (pilées) afin d’obtenir soit des petites boules de pâte, soit une poudre à fortes odeurs appelées soumbala, en bambara dawdawa kalwa en Haoussa et Dosso Mari en Zarma », a détaillé le Ministre en charge de l’Environnement. « Ce produit fait l’objet d’importantes transactions commerciales particulièrement en Afrique de l’Ouest et constitue donc une importante source de revenus pour les communautés », a-t-il ajouté. Le Ministre a également évoqué les vertus médicinales du néré, sa contribution à la fertilisation du sol, et l’utilisation de ses feuilles et grains dans l’alimentation des animaux.
Par ailleurs, selon le Colonel Abdoulaye Maizama, les deux dernières éditions de la Journée Nationale de l’Arbre ont produit les résultats escomptés en matière de restauration des terres dégradées particulièrement la réhabilitation des forêts classées, grâce aux initiatives de protection et d’apport supplémentaire en eau. En effet, les taux de survie des plants sont de 96% pour le bois de la 1ère édition et de 95% pour le bois de la 2ème édition.
Notons également qu’à trois jours de la cérémonie officielle de plantation d’arbres, le Ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement a effectué une visite sur le site dédié à l’édition 2026 de la Journée Nationale de l’Arbre. Surplace, il a constaté avec satisfaction l’exécution en amont de différentes tâches, notamment la clôture du site avec du grillage, la réalisation des trous pour la plantation, l’installation du forage pour l’arrosage, la connexion des installations électriques pour l’éclairage, la mise en place des caméras de surveillance, entre autres. Tout est fin prêt pour ce grand évènement qui allie plusieurs enjeux d’ordre historique, environnemental et socioéconomique.

Boubakar Hamani LONTO