
Le 26 Juillet 2026, le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) célèbrera les trois (3) ans de son accession au pouvoir. Trois ans de mise en œuvre du Programme de la Refondation, un programme politique qui a reçu l’adhésion massive du peuple nigérien qui aspire à l’indépendance totale et à la souveraineté effective sur ses ressources. Trois ans. Trois ans que le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie tient les rênes du Niger. Trois ans marqués par la rupture, les défis et surtout par la réponse d’un peuple qui a choisi de tenir.
Face aux sanctions internationales, à la fermeture des frontières et aux pressions économiques, les Nigériens n’ont pas cédé. Dans les marchés, dans les quartiers, dans les villages, la mobilisation s’est faite visible : rassemblements de soutien, initiatives citoyennes, retour à la terre, consommation locale. Une résilience de tous les jours, portée par la conviction que la souveraineté a un prix.
Des jeunes, des femmes, des chefs traditionnels et des forces vives se sont levés pour dire qu’ils préfèrent les difficultés debout à la facilité à genoux. Entre pénuries et incertitudes, le Niger a cherché des alternatives, resserré ses liens avec ses voisins de l’AES et réappris la patience.
Aujourd’hui, à l’heure du bilan, une même phrase revient : le peuple a tenu.
La 3ème année de la gestion du pouvoir d’Etat par le CNSP a été marquée par d’importants événements dont l’un des plus significatifs reste sans doute la promulgation de la loi sur la défense de la patrie, une décision qui appelle à une prise de conscience générale du peuple nigérien face à la situation sécuritaire dont les tentacules s’élargissent chaque jour un peu plus en dépit des efforts inlassables des forces de défense et de sécurité sur le terrain. Il est, en effet, à regretter les attaques contre l’Aéroport de Niamey et de Tahoua, alors que sur le terrain les FDS se battent sans relâche pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, ainsi que celle du territoire national.
Le contexte après deux années de Refondation
Mais bien avant la prise de cette décision, le Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, dans son message à la Nation nigérienne prononcé le 25 Juillet 2025 à la veille de la célébration de l’An 2 du CNSP, a appelé »tous les Nigériens, quel que soit leur secteur d’activité, à se remettre véritablement au travail car c’est le seul moyen de sortir de la pauvreté et développer notre pays ».
Il a également fait remarquer »qu’en dépit de la conjoncture difficile que nous traversons et de l’adversité féroce auxquelles nous sommes confrontés, notre pays se trouve bien sur le bon chemin : celui de la dignité, de la souveraineté et du combat pour un avenir meilleur pour tous ».
Il a même voulu être plus ferme : »aucune difficulté, aucune épreuve, aucun obstacle actuel ou à venir ne doit entamer notre engagement pour le Niger et entraver la réalisation de notre grand projet commun car il s’agit de la survie et de l’avenir de notre pays », dira-t-il, avant d’exhorter les Nigériens à faire preuve de plus »d’engagement et de travail pour réussir ensemble ».
Le fait est que « le Niger est résolument engagé, avec résilience, sur le chemin de sa souveraineté pleine et entière », a-t-il insisté, même s’il reconnait qu’il s’agit assurément d’un chemin plein d’embûches, aux conséquences difficiles, aussi bien pour les Nigériens, pris individuellement, que pour le pays, en tant que Communauté politique organisée. En effet, selon le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, depuis les événements du 26 juillet 2023 qui ont précipité « notre engagement patriotique à prendre notre destin en mains, le système néocolonial réactionnaire de mise sous tutelle du Niger que nous avons renversé n’a cessé de se déchaîner contre notre pays et son peuple ».
Le Président Tiani mettait alors en avant l’échec à organiser le blocus total du pays avec les sanctions économiques et la volonté farouche de mener la guerre par l’intermédiaire de la CEDEAO. Selon lui, en effet, « les forces coalisées opposées à notre émancipation politique et économique ont décidé, tirant les leçons de leur échec, de se réorganiser pour atteindre autrement leurs objectifs, en combinant, de façon sournoise, opérations terroristes d’éclat, actions économiques subversives, manipulation politique interne ainsi que guerre informationnelle et jets de discrédit sur nos institutions et autorités politiques ».
De l’Appel à la mobilisation générale pour la défense de la patrie
C’est donc après avoir mesuré la complexité de la situation et prenant en compte les sacrifices consentis par les populations pour que vive le Niger, que le Président Tiani a décidé d’appeler à la mobilisation générale pour la défense de la Patrie, cela en conformité avec une des recommandations des Assises Nationales de la Refondation qui, rappelle-t-on, exigeait que la défense de la souveraineté du Niger implique le refus définitif d’installer des bases militaires étrangères dans le pays et qu’il revient à ses seules Forces de Défense et de Sécurité, avec l’accompagnement de la population, de le sécuriser et de préserver son intégrité territoriale.

D’où l’Appel à la mobilisation générale pour la défense de la patrie lancé le 26 décembre 2025, une mesure exceptionnelle qui supplante l’état d’urgence, permet de réquisitionner les personnes, les biens et les services pour contribuer à la défense de la patrie dans le respect de la législation et de la réglementation en vigueur. Dès lors, tout citoyen est tenu de répondre immédiatement à l’ordre d’appel ou de rappel ; répondre sans délai à l’exécution des mesures de la défense de la patrie ; se soumettre à la réquisition; se conformer aux dispositions prises par les autorités compétentes ; s’abstenir de communiquer et d’échanger, notamment à travers les technologies modernes ou tout autre moyen pouvant faire obstacle à la mobilisation générale ou influer négativement sur sa mise en œuvre ; informer les autorités publiques compétentes sur tout ressortissant de pays hostiles se trouvant sur le territoire national et sur tous les faits et actes pouvant entraver l’exécution de l’opération de mobilisation générale.
Ces différentes mesures et actions, explique-t-on, « sont dictées par la nécessité de préserver l’intégrité du territoire national, la souveraineté de l’Etat et de protéger les populations, les institutions et les intérêts vitaux de l’Etat contre toute menace intérieure ou extérieure ». En sus et afin de permettre une meilleure compréhension de toutes ces dispositions, il est prévu une sensibilisation citoyenne en vue de contribuer à la consolidation du sentiment patriotique, à la prise de conscience du rôle à jouer par les citoyens en matière de mobilisation générale et à la mise en évidence de leurs devoirs à l’égard de la patrie.
En outre, pendant la mobilisation générale, toute exportation de produits ou de biens de consommation en relation avec les besoins des forces de défense et de sécurité est interdite, sauf autorisation expresse des autorités publiques, la divulgation de certaines informations est soumise à autorisation. Il est notamment demandé à toute personne appelée à consulter, de par sa fonction ou sa profession ou à l’occasion d’une mission, tous documents, toutes données et informations relatifs à la mobilisation générale d’en chercher l’autorisation, les informations et les documents reçus ou consultés demeurant confidentiels même après cessation de fonctions.
Il est donc clairement établi que la mobilisation générale ainsi décrétée se positionne comme un appel coercitif à la participation de toutes les couches socio-professionnelles de la Nation dans la défense de la patrie contre les agressions extérieures. Le but étant de garantir avec efficacité et efficience le passage des Forces de Défense et de Sécurité, des Institutions de la République, des autres organismes de l’Etat, des structures socio-professionnelles ainsi que toutes les composantes de l’économie nationale, de l’état de paix à l’état de guerre et l’affectation des ressources humaines, matérielles et financières nationales à la défense de la patrie.
Pour donner corps à la mobilisation générale, le Régime de la Refondation a pris une autre décision, le 27 mars 2026, en instituant des organisations territoriales d’autodéfense dénommées « Domol Leydi » ou « Gardiens de la Patrie ». Ces dernières seront des auxiliaires des Forces de Défense et de Sécurité et seront constituées de personnes physiques engagées volontairement pour contribuer à la défense de la Patrie. Les « Domol Leydi » seront chargées plus précisément de missions de sensibilisation, de renseignement et d’autodéfense de leurs terroirs respectifs. Leurs personnels seront choisis parmi les anciens agents des FDS ressortissants des terroirs concernés ou parmi les habitants de ces terroirs et seront placés sous l’autorité hiérarchique et opérationnelle du Commandant de la Commission de Mobilisation de la Réserve Militaire.
Ces personnels seront notamment dotés d’armements et d’équipements dont la gestion est assurée par l’Etat. Ils bénéficieront, en outre, des avantages sociaux et pécuniaires déterminés par voie réglementaire.
Notons que dans les faits, des Comités de Vigilance sont d’ores et déjà en train d’être installés çà et là à travers l’ensemble du pays pour servir d’alerte en dénonçant tout cas et tout comportement suspects.
C’est dire, en somme, que les Autorités de la Refondation ont fait de la question sécuritaire une priorité absolue. Car sans sécurité, aucun développement n’est possible. Bien plus, seul un Niger paisible et stable est le gage d’une souveraineté totale et entière voulue par le CNSP dans sa volonté inébranlable de faire profiter aux Nigériens leurs importantes ressources naturelles, aujourd’hui arrachées à l’exploitation étrangère.
Du renforcement de la coopération bi et multilatérale
En plus de l’aspect sécuritaire, les Autorités de la Refondation ont multiplié des actions tous azimuts de renforcement de la coopération aussi bien avec les pays de l’AES qu’avec les partenaires au développement, respectueux de la politique d’émancipation du Niger. Cela dans tous les domaines de développement.
C’est ainsi que Niamey et Moscou signent, le 28 juillet 2025, un mémorandum d’entente en matière du nucléaire civil et de l’exploitation de l’uranium. Pour ce faire, une forte délégation russe, conduite par le Ministre de l’Énergie, M. Serguei Tsivilev, également Président de la Commission intergouvernementale mixte avec les pays de l’AES, s’était déplacée à Niamey.
L’accord prévoit l’exploitation judicieuse du potentiel uranifère du Niger sur la base de la confiance, du respect et des avantages mutuels pour les deux parties afin d’accroître le bien-être des deux peuples. Cela passera aussi par la formation des cadres nigériens qui seront capables de travailler dans divers domaines de développement tels que l’énergie, l’agriculture, la santé, l’éducation, etc.

Bien avant l’arrivée de la délégation russe, note-t-on en effet, le Niger avait déclaré la souveraineté sur ses ressources minières, particulièrement l’uranium en mettant fin à l’accord avec le géant français du nucléaire civil Orano. Pour régler le différend qui oppose les deux parties, un Comité d’experts chargé de documenter les plaintes et contentieux opposant l’Etat du Niger à ORANO a été mis en place le 4 février 2026.
Ce comité a pour, entre autres, missions le recueil de toutes les violations des règles relatives à l’environnement, à la santé et à la fiscalité, le recueil des données factuelles et chiffrées dans les domaines de la santé humaine et animale, de l’environnement et de l’économie, l’analyse desdites données et proposer des stratégies d’attaque et la construction des argumentaires juridiques pour attraire Orano devant n’importe quelles instances juridictionnelles et arbitrales nationales, régionales et internationales et défendre le Niger devant lesdites instances, y compris même devant les juridictions françaises.
Le Comité devait ainsi produire des faits appuyés par des données incontestables pour prouver à la face du monde et aux détracteurs du Niger en particulier, que « si victime il y a, c’est bien le Niger et son peuple, soumis à une exploitation éhontée et à une mort programmée du fait d’une exploitation de ressources qui ne s’est guère embarrassée de l’être humain, de ses aspirations et du respect des règles de droit international qui leur impose des obligations bien encadrées ».
Mais l’offensive diplomatique n’est pas restée que « belliqueuse ». Il a été également mené des actions de renforcement des relations de coopération avec plusieurs pays dont la Turquie, la Russie, l’Algérie et tout récemment encore le Bénin.
Si le Président Tiani s’est déplacé en Algérie et en Turquie, en plus des pays membres de l’AES, Niamey a aussi accueilli les Premiers Ministres Burkinabè et Algérien, ainsi que le nouveau Président élu du Bénin. Des occasions mises à profit pour renforcer et fortifier les relations avec ces pays dans les domaines importants de développement.
Des actions sociales en faveur de la population
Sur le plan social, en plus de l’assistance aux victimes des inondations dont les appuis ont permis de toucher plus de 55 000 ménages totalisant plus de 425 000 personnes grâce à la distribution gratuite de vivres estimés à plus 7000 tonnes de céréales, le Gouvernement de la Refondation a également conduit des politiques hardies de vente promotionnelle de vivres, particulièrement le riz local avec la mise en vente par l’ONAHA, avec l’appui du FSSP, de plusieurs milliers de tonnes rachetées auprès des producteurs locaux.

Ces différentes campagnes de vente subventionnée de céréales produites localement témoignent de la capacité du peuple nigérien à se prendre en charge, en produisant pour lui-même, par lui-même, tout ce qu’il a besoin pour exister en tant que peuple souverain. Elles sont la résultante de la réponse apportée par le Président du CNSP à l’embargo mis en place contre l’Etat du Niger après la prise du pouvoir par le CNSP, qui a rendu difficile l’importation des denrées alimentaires du fait de la fermeture des frontières. Cette réponse c’est notamment la mise en œuvre du Programme de Grande Irrigation, lequel a favorisé une production résiliente un peu partout sur le territoire national.
Cette initiative, qui s’inscrit au cœur du Programme de la Refondation, vise non seulement à soutenir les producteurs, mais aussi à transformer durablement le quotidien des Nigériens à travers le « Consommons Nigérien », le soutien à l’économie rurale, etc.
Sur un tout autre plan, on peut noter, pour s’en réjouir, la revalorisation, à compter du 1er janvier 2026, du SMIG décidée par le Gouvernement le 22 octobre 2025 et qui le porte de 30 047 FCFA à 42 000 FCFA, soit une augmentation de 39,79%. L’objectif visé à travers cette hausse du SMIG est de protéger les travailleurs contre les salaires excessivement bas, de lutter contre la pauvreté et d’assurer un partage équitable des fruits de la croissance économique. La révision du SMIG vise également à stimuler la consommation en garantissant un pouvoir d’achat minimal pour tous les salariés qui ont besoin de cette protection.

Bien plus, cette décision de l’Etat nigérien est avant tout une réponse à la demande sociale, à une des revendications soumises par les centrales syndicales des travailleurs au Gouvernement à l’occasion de la fête du travail, il y a déjà quelques années et qui a fait l’objet de négociation et d’accord validé lors de la session du Conseil National du Travail (CNT), tenue le 02 juin 2023.
Il s’agit aussi en même temps de corriger une injustice, le Niger ayant le plus bas SMIG de l’espace UEMOA (8 pays). Il faut surtout saluer la prise de cette mesure en dépit des défis financiers et économiques auxquels le pays fait face.
Parachèvement de l’architecture politique prévue par la Charte de la Refondation
Sur le plan politique, en plus de deux réaménagements techniques du Gouvernement qui ont vu la nomination d’un nouveau Ministre de l’Economie et des Finances, le climat politique a été dominé par la contestation de la Résolution du Parlement de l’Union Européenne demandant la libération de l’ancien Président Mohamed Bazoum. Les Organisations de la Société Civile et certaines structures organisées ont vaillamment dénoncé ce qu’elles ont appelé une ingérence dans les affaires intérieures du Niger.
Des manifestations spontanées ont été organisées pour dénoncer cette résolution qui est tombée comme un couperet alors que les peuples du Sahel s’étaient inscrits dans une dynamique de reconquête de leur pleine et entière souveraineté.
La Confédération des États du Sahel (AES) n’est pas restée en laisse. Elle a exprimé sa vive indignation, condamnant avec fermeté cette ingérence grave, concertée et délibérée dans les affaires intérieures d’un État souverain.
Sur l’agenda politique de cette 3ème année de l’accession du CNSP au pouvoir, il a été célébré l’An 1 de la promulgation de la Charte de la Refondation un 26 mars 2025 autour du thème « engagement collectif au service de la patrie ».
Plusieurs manifestions avaient été programmées pour rappeler que la Charte de la Refondation a ouvert la voie à une nouvelle ère politique avec la mise en place d’Institutions adaptées et crédibles.
Ce texte fondateur, rappelle-t-on, est issu des Assises Nationales. Il a valeur de Constitution pour régir les pouvoirs publics pendant la période de la Refondation. Elle a institué un Exécutif fort avec pleins pouvoirs pour le Président de la République, fixant la durée de la Refondation à 60 mois, modulable en fonction de la situation sécuritaire, du cahier des charges de la Refondation et de l’agenda de la Confédération AES.
Les organes du régime de la Refondation comprennent notamment le Président de la République, le CNSP, le Gouvernement, le Conseil Consultatif, le Conseil d‘Etat, la Cour des Comptes, l’Observatoire National de la Communication et l’Observatoire des Droits Humains.
Outre les questions institutionnelles, la Charte de la Refondation balise les conditions de coopération militaire. Par exemple, la présence temporaire ou permanente des forces étrangères sur le territoire national est autorisée par le Président de la République, Chef de l’État, Chef des Armées, après consultation préalable du peuple souverain par voie de referendum.
YAYAN SABI