
Il avait 16 ans, Abdoulmalick Mohamed. Élève de 3ème, il révisait ses leçons pour les examens au BEPC. Un garçon comme tant d’autres : sérieux, discret, avec des rêves simples et des devoirs à finir.
Ce vendredi 19 juin 2026, au retour de l’école, il a diné et a fait ses prières. Par la suite, il a demandé à son père 2000 F CFA. Pas pour un caprice. Pour un jus de fruits. Juste un moment de fraicheur après une longue journée. L’argent en poche, il enfourche sa bicyclette. La boutique est à deux rues. Deux rues qui l’ont séparé de tout le reste de sa vie.
Il n’est jamais revenu. Une moto lancée à vive allure l’a renversé. Le constat est dramatique : traumatisme crânien. Les sapeurs-pompiers sont intervenus. Malgré les massages cardiaques et autres soins intensifs sur place, Abdoulmalick ne survivra pas : quelques instants plus tard, il s’est éteint. Les leçons apprises, dans sa tête. Les cahiers, dans son sac.
La mort fait partie de la vie, dit-on. C’est Dieu qui donne, Dieu qui reprend. Mais entre la volonté divine et la responsabilité humaine, il y a nos actes. La vitesse, l’inconscience, l’absence de frein. Une vie arrachée par une conduite irresponsable.
Et après le drame, il y a le silence qui blesse, qui est un autre choc. Le silence de celui dont le fils était au guidon. Le Directeur Général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale. Ironie de l’histoire, il est aussi supérieur hiérarchique du père d’Abdoulmalick. Il était, certes, présent au lieu de l’accident, mais nulle présence le lendemain matin à la maison mortuaire. Il a fallu l’après-midi pour qu’il apparaisse au cimetière puis à la maison mortuaire pour la fathia. Et, depuis lors, rien. Silence et indifférence totale !
On ne demande pas d’argent. On ne réclame pas de compensation matérielle. On demande la présence. Une main posée sur une épaule. Des mots simples : “Je suis désolé. Je suis là.” La chaleur humaine. Le minimum que dicte le bon sens, l’humanisme, la foi.
La CNSS a pour vocation le “social”. Elle accompagne les agents dans leurs épreuves. Comment comprendre alors qu’un de ses agents, frappé dans ce qu’il a de plus cher, ne reçoive aucune marque de solidarité de l’institution dirigée par le père de l’auteur du drame ? Le Comité d’Etablissement qui, en générale, gère les problèmes sociaux des agents, n’a pas été activé.
Monsieur le Directeur Général, comment peut-on rester absent quand la faute de son propre enfant vient de briser une famille en arrachant un autre enfant à l’affection de ses parents ? Comment pouvez-vous vous sentir “normal”, sans reproche, à la vue du corps sans vie d’un garçon de 16 ans sur le bitume du fait de l’imprudence de votre enfant ?
Les camarades de classe de Abdoulmalick, massivement présents au cimetière et à la maison pour les condoléances, viennent de passer les examens du BEPC sans lui. Ce BEPC qu’il a promis à son père d’obtenir, mais hélas !
À vous, parents qui offrez des moyens roulants à vos enfants, nous rappelons ceci : vous portez des responsabilités morales face aux actes posés par ces enfants.
Abdoulmalick avait 16 ans. Il voulait juste un jus de fruits. Rendez justice à sa famille. C’est tout ce qui reste quand la vie s’arrête si tôt.
Abdoulmalick ne reviendra plus. Son père, agent à la CNSS, pleure son fils. Hadjia Aichatou, la mère de Abdoulmalick, n’écoutera plus jamais son complice de fils. Mamie, et Alkassane, Isso et Nabou, ne verront plus leur frère, Benazir ne se ‘’querellera’’ plus avec son ‘’adversaire’’.
Repose en paix fiston, repose en paix Abdoulmalick. Que Dieu accueille ton âme au paradis et apaise nos cœurs.
Tradam