
Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique organise du 12 au 13 août 2026, un Atelier de validation du Plan de Communication 2026-2027 pour la lutte contre le trafic et la vente illicite des intrants nutritionnels, en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme Alimentaire Mondial (PAM). Au cours de ces deux journées, il s’agit pour les participants d’examiner le draft du Plan, d’intégrer les observations et amendements issus des discussions, de valider le document, entre autres. Les travaux devront également aboutir à des recommandations pour la mise en œuvre dudit Plan.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Secrétaire Général Adjoint du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, M. Abdoulaye Alhassane, en présence de la Représentante Adjointe de l’UNICEF par intérim, du Représentant du PAM, des représentants des Ministères sectoriels et de plusieurs autres personnalités.
Dans son allocution, le Secrétaire Général Adjoint du Ministère en charge de la Santé, a rappelé que la malnutrition demeure l’une des principales causes associées de mortalité infantile au Niger, se basant sur les données de l’enquête SMART 2025 qui indiquent que chaque année, le système de santé nigérien prend en charge entre 350.000 et 400.000 enfants atteints de malnutrition aiguë sévère.
« Cette situation n’est pas sans conséquence sur notre économie », a-t-il affirmé. A titre illustratif, il a ajouté que les coûts annuels associés à la sous-nutrition chez l’enfant au Niger ont été estimés à 289,7 milliards de francs CFA, soit 7,1% du Produit Intérieur Brut annuel. « C’est dire, que la lutte contre la malnutrition n’est pas seulement un impératif humanitaire et sanitaire : c’est aussi un investissement stratégique pour l’avenir de notre pays et le développement de notre capital humain », a relevé M. Abdoulaye Alhassane.
Il a aussi déploré que le trafic et la vente illicite des intrants nutritionnels persistent malgré les mesures prises par les pouvoirs publics. Selon le Secrétaire Général Adjoint du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, ce phénomène est alimenté par des facteurs comportementaux, économiques et institutionnels tels que la banalisation de l’achat et de la revente, la faible perception du risque pour les enfants malnutris, la méconnaissance du caractère gratuit et thérapeutique des produits, l’insuffisance des mécanismes de signalement, la crainte de dénoncer, mais aussi la faiblesse du suivi communautaire et le déficit de redevabilité dans la chaîne de gestion.

Face à cette situation, a-t-il indiqué, le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, à travers la Direction de la Nutrition et en collaboration avec l’UNICEF et le PAM, a élaboré un Plan de communication visant à notamment à renforcer la compréhension du caractère gratuit et thérapeutique des intrants, à faire évoluer les perceptions sociales afin que l’achat, la vente ou le détournement soient reconnus comme des pratiques préjudiciables aux droits et à la survie des enfants, à encourager les communautés et les autorités à prévenir et signaler ces pratiques, à renforcer les mécanismes sûrs de signalement et à promouvoir la redevabilité des acteurs. « L’objectif que nous poursuivons est simple et noble : faire en sorte qu’aucun enfant nigérien ne soit privé du traitement qui peut lui sauver la vie », a souligné M. Abdoulaye Alhassane.
Auparavant, la Représentante Adjointe de l’UNICEF par intérim, Mme Raissa Edwige Vanian, a rappelé que les différentes enquêtes menées ont révélé des cas de détournement, des utilisations abusives et la marchandisation des intrants nutritionnels, produits pourtant destinés à la prise en charge des enfants souffrant de malnutrition aiguë, conformément au protocole national. « Derrière chaque intrant nutritionnel détourné ou vendu illicitement, il y a potentiellement un enfant qui risque de ne pas recevoir le traitement dont il a besoin », a-t-elle déploré. Pour la Représentante Adjointe de l’UNICEF par intérim, le trafic et la vente illicite des intrants nutritionnels constitue une problématique qui, au-delà de la gestion des intrants, touche à la santé publique, aux droits de l’enfant, ainsi qu’à l’intégrité et à l’efficacité de la réponse nutritionnelle.
Face à ce phénomène, elle a appelé à une réponse collective qui se traduit par la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes, notamment les services de santé, les autorités administratives, les collectivités territoriales, les services de sécurité et de justice, les acteurs du commerce, les leaders traditionnels et religieux, les organisations de la société civile, les partenaires, ainsi que les communautés elles-mêmes.
Dans cette réponse, la communication a un rôle essentiel qui ne se limite pas à l’information ou à la sensibilisation, selon Mme Raissa Edwige Vanian. En effet, elle a estimé que la communication doit également contribuer à faire évoluer les perceptions et les comportements, renforcer la responsabilité de chacun et permettre aux communautés de mieux comprendre les conséquences de ces pratiques et les moyens dont elles disposent pour les prévenir et les signaler.

« Mais la communication ne saurait agir seule. Elle doit s’inscrire dans une réponse plus large, associant prévention, suivi, contrôle, mécanismes de signalement et responsabilisation des différents acteurs », a-t-elle souligné. « C’est dans cet esprit que nous devons considérer le Plan soumis à validation aujourd’hui : non comme une fin en soi, mais comme un outil au service de changements concrets et mesurables », a-t-elle expliqué.
Au Niger, l’Etat et ses partenaires dont l’UNICEF déploient d’importants efforts dans la fourniture et la distribution des intrants nutritionnels, notamment les Aliments Thérapeutiques Prêts à l’Emploi et les Aliments Supplémentaires Prêts à l’Emploi. Ces produits jouent un rôle central dans la prévention et le traitement de la malnutrition aiguë et contribuent fortement à la réduction de la mortalité infantile. Le trafic et la vente illicite des intrants nutritionnels provoquent des ruptures de stock dans les centres de santé, retarde ou empêche les traitements, et augmente ainsi le risque de mortalité. Toutes choses qui mettent en évidence l’urgence d’une synergie d’efforts entre toutes les parties prenantes pour mettre fin à ce phénomène qui prive les enfants d’une aide vitale.

Boubakar Hamani LONTO