Lutte contre la malnutrition au Niger : Les parties prenantes se dotent d’un Plan de Communication contre le trafic et la vente illicite des intrants nutritionnels

La table de séance, lors de la cérémonie d’ouverture

Dans son allocution, le Secrétaire Général Adjoint du Ministère en charge de la Santé, a rappelé que la malnutrition demeure l’une des principales causes associées de mortalité infantile au Niger, se basant sur les données de l’enquête SMART 2025 qui indiquent que chaque année, le système de santé nigérien prend en charge entre 350.000 et 400.000 enfants atteints de malnutrition aiguë sévère.     

Il a aussi déploré que le trafic et la vente illicite des intrants nutritionnels persistent malgré les mesures prises par les pouvoirs publics. Selon le Secrétaire Général Adjoint du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, ce phénomène est alimenté par des facteurs comportementaux, économiques et institutionnels tels que la banalisation de l’achat et de la revente, la faible perception du risque pour les enfants malnutris, la méconnaissance du caractère gratuit et thérapeutique des produits, l’insuffisance des mécanismes de signalement, la crainte de dénoncer, mais aussi la faiblesse du suivi communautaire et le déficit de redevabilité dans la chaîne de gestion.

Une vue des participants

Face à ce phénomène, elle a appelé à une réponse collective qui se traduit par la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes, notamment les services de santé, les autorités administratives, les collectivités territoriales, les services de sécurité et de justice, les acteurs du commerce, les leaders traditionnels et religieux, les organisations de la société civile, les partenaires, ainsi que les communautés elles-mêmes.

Dans cette réponse, la communication a un rôle essentiel qui ne se limite pas à l’information ou à la sensibilisation, selon Mme Raissa Edwige Vanian. En effet, elle a estimé que la communication doit également contribuer à faire évoluer les perceptions et les comportements, renforcer la responsabilité de chacun et permettre aux communautés de mieux comprendre les conséquences de ces pratiques et les moyens dont elles disposent pour les prévenir et les signaler.

Une vue des participants

« Mais la communication ne saurait agir seule. Elle doit s’inscrire dans une réponse plus large, associant prévention, suivi, contrôle, mécanismes de signalement et responsabilisation des différents acteurs », a-t-elle souligné. « C’est dans cet esprit que nous devons considérer le Plan soumis à validation aujourd’hui : non comme une fin en soi, mais comme un outil au service de changements concrets et mesurables », a-t-elle expliqué.

Au Niger, l’Etat et ses partenaires dont l’UNICEF déploient d’importants efforts dans la fourniture et la distribution des intrants nutritionnels, notamment les Aliments Thérapeutiques Prêts à l’Emploi et les Aliments Supplémentaires Prêts à l’Emploi. Ces produits jouent un rôle central dans la prévention et le traitement de la malnutrition aiguë et contribuent fortement à la réduction de la mortalité infantile. Le trafic et la vente illicite des intrants nutritionnels provoquent des ruptures de stock dans les centres de santé, retarde ou empêche les traitements, et augmente ainsi le risque de mortalité. Toutes choses qui mettent en évidence l’urgence d’une synergie d’efforts entre toutes les parties prenantes pour mettre fin à ce phénomène qui prive les enfants d’une aide vitale.

Photo de famille

Boubakar Hamani LONTO

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