
La Commission Climat pour la Région du Sahel (CCRS), en collaboration avec le Secrétariat Exécutif de l’Autorité Nationale Désignée du Fonds Vert pour le Climat au Niger (CNEDD), organise du 20 au 24 juillet 2026 à Niamey, un Atelier national de formation et de mise en place du Pôle national d’experts du Fonds Vert pour le Climat (FVC), avec l’appui financier du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). Cette initiative vise à renforcer les capacités de 18 experts issus de différents secteurs sur la préparation de projets bancables conformes aux standards du Fonds Vert pour le Climat et des autres mécanismes internationaux de financement climatique, en vue de permettre au Niger de mobiliser suffisamment de fonds pour faire face aux défis liés aux effets du changement climatique.
Le Ministre de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le Colonel Abdoulaye Maizama, a présidé la cérémonie d’ouverture de l’Atelier, en présence des membres du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) et du Gouvernement, des Représentants du Corps diplomatique, du Secrétaire Exécutif du CCRS, de la Représentante intérimaire de l’UNICEF au Niger, du Secrétaire Exécutif du CNEDD, du Gouverneur de la région de Niamey, et de plusieurs autres personnalités. La cérémonie a été marquée par l’exécution de l’Hymne National et celui de la Confédération AES, une prestation artistique ainsi que plusieurs allocutions mettant en exergue la nécessité et l’importance de cet atelier national.
Une opportunité stratégique pour le renforcement de la résilience des populations
Dans son mot de bienvenue, le Gouverneur de la région de Niamey, le Général de Division Assoumane Abdou Harouna, a expliqué que la résilience, seule voie de survie face aux chocs climatiques qui assaillent notre pays, exige des spécialistes en la matière d’identifier, de proposer et d’exécuter des projets structurants, avec pour pilier une meilleure prise en compte des politiques climatiques dans les domaines agricole, sécuritaire, de l’eau et bien d’autres. Convaincu que le présent atelier représente pour le Niger, une véritable opportunité stratégique pour le renforcement des politiques initiées et la résilience des populations, le Gouverneur de la région de Niamey a exhorté les participants à mettre en avant leur professionnalisme, leur sens aigu du patriotisme, les intérêts supérieurs du pays, ainsi que les légitimes attentes des laborieuses populations.

De son côté, le Secrétaire Exécutif de la CNEDD, le Colonel Yacouba Magagi, a indiqué que depuis le début de son opérationnalisation en 2015, le Fonds Vert pour le Climat a approuvé 12 propositions de financement et 8 appuis préparatoires pour une enveloppe cumulée d’environ 160 millions de dollars US. Selon le Colonel Yacouba Magagi, cet effort reste encore insuffisant au vu des besoins de financement climatique assez élevés pour le Niger. Ainsi, il a estimé que l’idée de la mise en place de ce pôle national d’experts arrive à point nommé, en toute cohérence avec la synergie d’efforts déployés par l’Etat et ses partenaires pour doter le pays d’une expertise nationale capable de formuler des projets conformes aux procédures et exigences des Fonds Verts pour le climat. Pour le Secrétaire Exécutif de la CNEDD, la qualité du travail des participants déterminera la capacité collective à transformer les ambitions climatiques en projets concrets, alignés aux orientations stratégiques du Programme de refondation de la République et conformes aux exigences des mécanismes innovants du financement climatique.
Les enfants sont les premiers affectés par les effets du dérèglement climatique
Dans son intervention, la Représentante pi de l’UNICEF au Niger, Mme Ainhoa Jaureguibeitia, a rappelé que les conséquences du changement climatique affectent directement la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau, la santé publique et les perspectives de développement économique et social. « Pour l’UNICEF, ces défis climatiques ne sont pas uniquement des questions environnementales ; elles sont avant tout des questions de droits de l’enfant. Chaque sécheresse qui réduit l’accès à l’eau potable, chaque inondation qui détruit une école, chaque épisode climatique extrême qui prive une famille de ses moyens de subsistance, a des conséquences directes sur les enfants », a-t-elle expliqué. « Les enfants sont les premiers affectés et pourtant les moins responsables de cette crise. C’est pourquoi l’action climatique constitue aujourd’hui un élément essentiel de notre mission de protection et de promotion des droits de chaque enfant », a-t-elle ajouté.

Face à aux défis climatiques qu’elle estime trop complexes et sans précédent, la Représentante intérimaire de l’UNICEF préconise un engagement renforcé des acteurs, des partenariats solides entre les parties prenantes, ainsi que de nouvelles solutions, compétences et approches permettant d’accélérer l’adaptation et de renforcer la résilience du Niger. Mme Ainhoa Jaureguibeitia a réaffirmé l’engagement de l’UNICEF aux côtés de l’Etat nigérien et ses partenaires pour faire face aux impacts du changement climatique. « Nous continuerons à soutenir les initiatives qui renforcent les capacités nationales, protègent les enfants, et contribuent à construire un avenir plus résilient, plus inclusif, et plus durable », a-t-elle davantage rassuré.
« Le Niger est appelé à devenir le hub régional de la finance climatique au Sahel »
Dans son intervention, le Secrétaire Exécutif de la CCRS, M. Issifi Boureima, a souligné que la rencontre de Niamey illustre l’engagement de son institution aux côtés de ses pays membres dans la recherche des réponses aux défis climatiques. Aussi, selon M. Issifi Boureima, le choix du Niger comme pays pilote est un choix tout à fait naturel qui se justifie, par le fait qu’au-delà d’être le pays hôte de la Commission Climat pour la région du Sahel, le Niger fait partie des premiers pays à finaliser la révision de sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN.3). « Cette CDN.3 est la traduction climatique du Programme de Refondation, elle est aussi la traduction nationale du plan d’investissement climat pour la région du Sahel, porté par la Commission Climat pour la Région du Sahel », a-t-il affirmé, tout en relevant l’insuffisance du financement pour la mise en œuvre de cette politique. « Pour une mise en œuvre de la CDN.3, le Niger doit mobiliser près de 17 milliards de dollars d’ici 2035. Or, sur les 5 dernières années, nous n’avons couvert que 55 % de nos besoins. Et à l’échelle du Sahel, nous ne recevons que 12 % des financements climatiques mondiaux », a-t-il avancé à titre illustratif. Cet écart entre les besoins et les financements mobilisés, s’explique non seulement par la complexité des conditions de décaissement au niveau du FVC, mais aussi par le fait que la formulation des projets dépend trop de l’expertise extérieure. Néanmoins, pour le Secrétaire Exécutif de la CCRS, avec notamment ce Pôle d’experts et l’aboutissement de l’accréditation de la Commission, le Niger est appelé à devenir le hub régional de la finance climatique au Sahel.

Une initiative pour le développement résilient du Niger
Procédant à l’ouverture de l’atelier, le Ministre en charge de l’Environnement a, pour sa part, rappelé que la gestion durable des bases productives, axe 3 de la Refondation, constitue un pilier essentiel pour renforcer la résilience des communautés et des écosystèmes. « C’est à ce titre que la contribution déterminée au niveau national CDN a été révisée pour réaffirmer notre engagement à contribuer à l’effort mondial de lutte contre les changements climatiques, notamment le maintien de la hausse de la température en dessous de 2 °C, voire 1,5 °C. », a affirmé le Colonel Abdoulaye Maizama.
Eu égard au faible financement qui a marqué la mise en œuvre de la CDN précédente, le Ministre a souligné que la nouvelle CDN nécessite de renforcer les capacités nationales, notamment en matière d’élaboration de projets structurants et bancables. « Cette situation nous interpelle et exige de nous une meilleure aptitude à structurer des projets solides, cohérents, avec des priorités nationales et conformes aux mécanismes de financement innovants de l’action climatique », a-t-il annoncé. A cet effet, le Ministre en charge de l’Environnement a adressé ses remerciements à la CCRS et ses partenaires, notamment l’UNICEF, pour leur accompagnement dans l’organisation de cet atelier. Il a également encouragé l’ensemble des partenaires techniques et financiers à se mobiliser pour une opérationnalisation réussie du Pôle national d’experts du Fonds Vert pour le Climat qui sera mis en place à l’issue de l’atelier. Enfin, le Colonel Abdoulaye Maizama a exhorté les participants à s’approprier pleinement cette formation et à en faire un instrument au service du développement résilient du Niger.

Notons que le Fonds Vert pour le Climat est un important mécanisme financier conçu dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), pour aider les pays en développement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à s’adapter aux impacts du changement climatique. Le FVC soutient prioritairement la transition vers des énergies propres et des modèles de développement à faible émission de carbone, ainsi que la résilience des communautés les plus vulnérables face aux aléas et effets du dérèglement climatique.

Boubakar Hamani LONTO